Delphine Manet, fondatrice du festival Boz’Art en Baz’Art

21 août 2017

« Face au Beau, on est tous égaux, il n’y a pas de discrimination »

Événement annonciateur de la saison estivale, le festival Boz’Art en Baz’Art a été créée par Delphine Manet et son équipe, autour d’une ambition : l’ouverture et le partage, grâce à la médiation culturelle.

Comment est née l’idée de créer cet événement artistique ouvert au public ?

C’est né avant tout d’un constat. Selon moi, le territoire est riche culturellement grâce à l’opéra, le théâtre, le festival de photo… Mais il n’existait pas de manifestation pour mettre en avant l’art visuel, les arts plastiques.

Si vous nous présentiez le festival Boz’Art en Baz’Art, en quelques mots :

C’est une manifestation artistique qui propose une résidence d’artistes internationaux, français et des actions culturelles dédiées au public durant 15 jours. Fin avril, début mai, le festival ouvre ses portes à tous au Château Du Bost, à Bellerive-sur-Allier. C’est un écrin propice à ce genre de manifestations, avec la présence d’un restaurant gastronomique à côté. Les artistes ouvrent leurs ateliers au public et proposent des stages. Ils offrent également trois de leurs œuvres, qui enrichissent la collection de l’artothèque. À partir de 2018, ces œuvres seront accessibles en prêt pour les collectivités, les entreprises, les particuliers.

Cette année annonce une nouveauté pour cette manifestation et l’art visuel en général, dans l’Allier…

Afin que ce festival puisse vivre durant toute l’année, la ville de Vichy nous a permis de reprendre l’atelier d’art municipal. Grâce au soutien de la ville, les artistes pourront continuer à partager leur savoir-faire au travers de stages, d’ateliers…

Notre volonté est d’ouvrir cet atelier à un public très large : adultes, enfants, retraités… Chacun pourra venir travailler et échanger avec des amateurs autant que des professionnels.

Oeuvre de Janos Sebestien (Hongrie)

De plus, nous avions besoin d’un lieu pour l’artothèque, désormais riche d’une collection de 150 œuvres. Grâce à la location d’œuvres par le biais de l’artothèque, l’art va vers eux : dans les entreprises, les établissements administratifs, les particuliers, les établissements scolaires… Ce qui n’aurait pas été forcément possible au premier abord devient accessible. Les œuvres ont été réalisés par des artistes professionnels venus du monde entier. Elles éveillent et ouvrent la conscience vers le beau, afin de susciter une émotion.

Tous les renseignements sont sur atelierdartdevichy.com

Pourquoi avoir décidé de créer un tel événement, ici, en Auvergne ?

Après avoir beaucoup voyagé, c’est en Auvergne et plus précisément à Vichy que j’ai posé mes valises. C’est une terre volcanique et une ville extraordinaire. Je suis attachée à ce territoire. J’aime l’art et encore davantage le rendre abordable à tous. Depuis plusieurs années, j’anime des ateliers auprès des différents publics, en milieu scolaire, carcéral. Tout le monde peut comprendre et ressentir au plus profond de son être le beau. Les enfants sont très attentifs à cela, ils sont dans la jouissance du moment.

Cela rejoint la vocation du DAHLIR : face à l’art, au beau, nous sommes tous égaux.

Nous ressentons tous une émotion, que l’on soit jeune ou vieux, en situation de handicap ou valide. Il n’y a pas de discrimination.
Les artistes sont des traits d’union entre les différences (cultures, niveaux sociaux, âges). Ils deviennent prétextes à échanges, à communications (avec des mots ou avec des gestes, des sourires…). Ils sont des détonateurs qui poussent les personnes à une participation active, contemplative, culturelle, personnelle.

Le festival et l’atelier d’art tentent de créer des moments festifs et solidaires empreint de cohésion sociale et tout cela grâce à l’expérience artistique.

Le rôle de nos différents événements est de générer de l’empathie entre les personnes (artistes et public) par des mises en relations et des projets partagés. Ainsi chacun est à l’écoute de l’autre et est plus à même à comprendre les différences de styles, de cultures, de vie, de personnalités.

C’est une question de goût, de ressenti propre à chacun, que l’on a envie de partager.

L’art permet l’élévation de l’esprit : on est rempli de quelque chose de beau, on est donc plus disponibles pour l’autre, plus à même de communiquer.

D’où l’importance de sensibiliser un maximum de personnes. Ces œuvres ont été réalisées par des artistes internationaux, et sont empreintes d’une culture différente. On est dans le respect de l’autre, par sa différence. L’art va générer une émotion, un plaisir. C’est ainsi qu’on ouvre les consciences, les esprits pour aller vers le beau et le bonheur.

Oeuvre de Madeleine Meunier (France)

Que nous conseilleriez-vous pour être davantage ouvert à la culture qui s’offre à nous ?

Si je devais vous conseiller une lecture, ce serait l’ouvrage de Charles Pépin : « Quand la beauté nous sauve ». Pour résumer, le Beau est quelque chose que l’on ressent au plus profond de son âme. Qu’il s’agisse d’un tableau, d’un paysage, d’une personne : cela va susciter une émotion en nous. La première chose que l’on a envie de faire, c’est se tourner vers quelqu’un afin de partager cette émotion, de dialoguer. Au travers de l’atelier et l’artothèque, nous souhaitons instaurer ces moments d’ouverture, de partage entre les artistes, les personnes.

Selon moi, il est important de recevoir les enfants, notamment ceux qui viennent de l’étranger. En rencontrant les artistes, ils se rendent compte que ces derniers ont l’habitude de voyager et de partir de leur pays. Par leur démarche artistique, leur travail, ils voyagent. Cela arrive à beaucoup de personnes. Les interventions dans les écoles me semblent essentielles : les artistes sont des passeurs de culture. Ils créent un lien social avec la population : pas besoin de parler la même langue pour se comprendre. Cela va bien au-delà de la parole, c’est un autre vecteur de communication.

Plus d’informations sur :

Regagner confiance en son corps avec le CREPS de Vichy

Rencontre avec Anne-Sophie Joseph, professeur d’Activités Physiques Adaptées du programme ETAP (Education Thérapeutique du Patient par l’Activité Physique) Auvergne , au CREPS de Vichy Auvergne. Comment le programme ETAP favorise-t-il la reprise de confiance en son …

Prendre le temps de vivre et aller à son rythme

Rencontre avec Martine : son parcours, ses objectifs à la suite du programme d'Education Thérapeutique du Patient. "Du fait de certains problèmes de santé, j’ai suivi le programme ETP de l’hôpital de jour de Vichy, de …