Docteur Rebecca Ritacco : “Soigner, mais pas seulement…”

16 janvier 2018

Travailler sur l’aspect comportemental plutôt que sur la restriction : c’est l’une des spécificités de l’Unité de Maladie de la Nutrition du SSR de l’hôpital Cœur du Bourbonnais à Saint-Pourçain-sur-Sioule. À la tête de ce service, le Docteur Rebecca Ritacco qui, depuis 2014, a remanié ce service avec l’aide d’une équipe sensibilisée et formée à l’Education Thérapeutique du Patient.

De nouveaux modèles de prise en charge de l’obésité

“En novembre 2014, j’ai pris la suite d’un médecin nutritionniste au sein du SSR de Saint-Pourçain-sur-Sioule. 80% de mon temps est consacré à ce service avec un volet consacré à la nutrition, l’obésité. Les 20% restant, j’interviens au sein de l’UTEP du Centre Hospitalier de Moulins Yzeure.

 

Le projet du SSR de Saint-Pourçain-sur-Sioule a été validé en 2016 par l’ARS après que nous ayons remanié celui-ci sous forme d’un programme de 4 semaines basé notamment sur des ateliers collectifs. Notre équipe est composée d’une cadre de santé, de trois infirmières, quatre aide-soignantes, une psychologue, deux diététiciennes, une professeure d’activités physiques adaptées, une cuisinière, une assistante sociale ainsi qu’une secrétaire.

Toutes sont formées à l’Education Thérapeutique du Patient et ont été sensibilisées à la prise en charge de l’obésité.

 

Vers l’autonomie des participants

 

Nous voulions éviter une prise en charge basée sur un contenu ”restrictif” et avons construit un modèle où nous travaillons sur l’aspect comportemental. Le programme compte en permanence douze patients.

En parallèle, nous avons ouvert un hôpital de jour le 15 mai 2017. Ainsi, les participants au programme peuvent être accueillis en hôpital de jour ou en hospitalisation, durant les quatre semaines.

L’objectif avant tout est de permettre un maintien de leurs compétences et surtout de les accompagner vers un retour à la “vraie vie”.

La vocation de ce programme est de les rendre acteurs de leur prise en charge et d’éviter les risques de rechute. Nous les préparons progressivement de manière à ce qu’ils gagnent en autonomie.  Nous les accompagnons en cas de difficulté.

 

Le sport-santé, pour reprendre du plaisir à pratiquer une activité physique

 

Nous avons diversifié le contenu des activités physiques adaptées au fur et à mesure du temps. Chaque semaine, nous proposons une activité ergonomie en salle, du tennis de table, de l’aquagym mais aussi de la marche.

Les patients sont répartis en trois groupes de niveaux. Ils s’entretiennent de manière individuelle avec la professeure d’activités physiques adaptées et réalisent des tests classiques.

Ils alternent avec des ateliers plus “théoriques” comme les bonnes pratiques de l’activité physique. Durant la dernière semaine, ils apprennent comment planifier une activité physique, en lien avec des associations du Puy-de-Dôme et de l’Allier.

En dernier lieu, ils participent à un rallye de connaissances : sur un parcours d’environ 2,5 kilomètres ils revoient de manière ludique les connaissances théoriques du programme.

 

Le groupe : un des facteurs clés du succès

 

Le premier “facteur clé du succès”, selon moi, est le groupe de participants. Beaucoup de patients appréhendent de pratiquer une activité physique car ils n’ont pas toujours eu une bonne expérience personnelle. Ils découvrent le sport-santé, avec des personnes comme eux et se rendent compte qu’ils peuvent prendre du plaisir.

Les résultats les motivent à continuer leurs efforts : ils retrouvent de la souplesse, de l’équilibre.

L’aspect social a une importance capitale. C’est nécessaire pour retrouver du plaisir. Pour certains d’entre eux, le sport-santé est une découverte.

 

Des partenariats locaux dynamiques au bénéfice du patient

 

Au fil du temps, nous avons développé des partenariats avec des associations locales comme l’EPGV mais aussi les CH de Vichy et Moulins-Yzeure le CREPS de Vichy et le CHU de Clermont-Ferrand… C’est ainsi que nous avons mis en place progressivement un réseau. Par la suite, j’ai rencontré Nicolas Gallon, de l’association DAHLIR.

Pour nos patients, Monsieur Gallon est une personne ressource. Nous l’avons constaté dès le départ : s’ils n’ont pas une personne ressource, ils n’osent pas aller vers une association.

Savoir que Monsieur Gallon peut les accompagner dans la recherche d’une association où pratiquer une activité adaptée à leurs besoins, relève de la plus-value pour eux.

Dans leurs têtes, ils se disent “On fait quelque chose pour moi. Pas seulement pour ma maladie, ma santé. Mais pour moi.”

 

Pour l’équipe du SSR, le fait d’avoir un référent à l’extérieur permet d’échanger. C’est essentiel pour le patient de se rendre compte de la communication, du dialogue entre les professionnels. Il est important d’avoir un interlocuteur privilégié en qui on peut avoir confiance pour accompagner au mieux la personne, à l’extérieur.

 

Mon rêve serait que le DAHLIR puisse se développer sur l’ensemble du département. Cela permettrait de répondre aux besoins et aux demandes d’accompagnement, par exemple sur la ville de Moulins. Une fois qu’on l’a testé, on a envie de le voir partout.

Notre ambition est de soigner, mais pas seulement. Nous voulons développer un partenariat efficace et dynamique avec les acteurs sport-santé du territoire au bénéfice du patient atteint de maladie chronique.”

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