Le sport comme une bouée de sauvetage

18 juin 2017

À Vichy, le dispositif AT-SA  géré par ADOMA, assure l’accueil et l’accompagnement global des demandeurs d’asile pendant la durée d’instruction de leur dossier de demande d’asile.

Une convention unit l’AT-SA et le DAHLIR. Celle-ci permet l’accompagnement des personnes en situation de précarité et/ ou de vulnérabilité en leur facilitant l’accès aux pratiques d’activités sportives et culturelles et leur poursuite dans le temps.


Rencontre avec S. et I.* accompagnés par Nicolas du DAHLIR vers la pratique régulière de volley.
(Des noms d’emprunt sont utilisés durant l’entretien)


Vous avez récemment intégré un club de volley, à Vichy, dans le cadre du dispositif DAHLIR. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

S. et I. :« Nous sommes hébergés depuis sept mois par l’AT-SA de Vichy. En janvier 2017, Nicolas Gallon a présenté le dispositif DAHLIR. Cela nous a intéressés. Nous avons pris rendez-vous avec lui pour évoquer le type d’activités sportives.
I. : Puis Nicolas s’est chargé de contacter les clubs de volley ball, dans lesquels nous pourrions nous entraîner. Désormais je pratique le volley deux fois par semaine.
S. : «J’entraîne également le groupe de jeunes des 13-17 ans, de manière bénévole.

Comment s’est déroulé l’accompagnement dans le club ?

I. : Nicolas nous a accompagnés pour la visite médicale. Il nous a présentés le premier jour aux profs de volley, à l’équipe. Le directeur du club était aussi présent. C’est lui qui a validé la possibilité que S. entraîne le groupe de jeunes. Nicolas était présent durant les deux premières séances d’essai.

S. : C’est une très bonne chose. Ça nous permet d’aller dehors, de sortir de cette vie un peu monotone. D’oublier les choses pour deux heures.

I. : Nous améliorons aussi notre pratique de la langue française. On rencontre d’autres personnes. Nous sommes 10-12 joueurs par équipe alors on peut plus facilement aller vers les autres. Nicolas nous a beaucoup aidés, non seulement pour le sport mais aussi pour oublier nos problèmes. Ça a été une sorte de sauvetage. On se sent mieux d’avoir une activité.

S. vous entraînez également un groupe de jeunes au volley. Pouvez-vous nous en dire plus ?

« La première fois que j’étais allé jouer, je pensais que ça allait plutôt être pour passer le temps. Je n’imaginais que je pourrais entraîner un groupe. Dans mon pays, suite à mes études de sport, je suis devenu prof de sport. Alors, être entraîneur de volley bénévole, ici c’est une chance. J’échange aussi avec les parents des jeunes que j’entraîne. »
L’avis de John, travailleur social au sein de l’AT-SA :
« Habituellement, l’accompagnement du DAHLIR se déroule en deux phases.

D’abord, une première phase via le programme multi-activités du CREPS de Vichy. Puis la seconde phase, accompagnés par Nicolas Gallon, les participants pourront, s’ils le souhaitent intégrer un club, une association sportive, culturelle. C’est selon les possibilités de chacun.
Il en découle évidemment des bienfaits : avoir une place au sein d’un groupe. Mais aussi avoir une certaine reconnaissance : c’est très structurant. Cela permet de gérer une attente, souvent compliquée, durant l’instruction de leur dossier de demande d’asile.
Parler à des personnes, qui ont des situations différentes… S’ouvrir aux autres : cela participe à la création d’un réseau social. C’est important de se sentir reconnu après avoir connu l’asile. Certains ont été contraints de fuir leur pays, de tout quitter du jour au lendemain, leurs coutumes, leurs famille. C’est leur identité, en quelque sorte, qu’ils ont quitté.
Ces séances d’activités permettent de se reconstruire personnellement en côtoyant des personnes, en s’ouvrant, en créant du lien social.
Ils pourront apprendre le français, se socialiser : mieux comprendre le fonctionnement des groupes, leur culture.
Se sentir utile. Faire quelque chose pour les autres, c’est comme se retrouver.
Ils ont conscience de leur situation et n’ont pas de faux espoirs. Ils savent que leur demande d’asile va être étudiée. Leur intégration en France est soumise à une réponse positive. En cela, la pratique d’une activité permet de gérer au mieux cette attente. »

Nicolas Gallon, chargé d'accompagnement sur le bassin de Vichy

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